L’accusation était lourde : des tests de grossesse pratiqués dans le club de handball de Nantes sans l’assentiment des joueuses. L’explication du club s’est voulue rapide et prosaïque vendredi : c’est une démarche du médecin, uniquement dans l’intérêt des joueuses. Jeudi soir, l’Association des joueuses et joueurs professionnels de handball (AJPH) avait dénoncé des « pratiques inacceptables », assurant que ces tests avaient été réalisés « sans le consentement des joueuses ».
Le président n’était pas informéVendredi après-midi, elles étaient une douzaine autour du président du club, Arnaud Ponroy, pour dire leur confiance dans le Dr Thibault Berlivet, le médecin qui a prescrit ces tests l’été dernier dans le cadre de leur bilan de santé de début de saison, et assurer que le secret médical n’avait jamais été trahi.Camille Ayglon-Saurina, 34 ans, internationale depuis 2007, et Léa Lignières, 24 ans, capitaine de l’équipe, ont raconté comment le médecin les avait toutes reçues plus de 35 minutes chacune dans son cabinet et leur avait remis une ordonnance pour une série d’analyses. Sur la liste figurait un dosage de l’hormone Béta HCG, qui permet de détecter une grossesse. « On n’a pas eu toutes le réflexe de regarder ce qu’il y avait sur nos ordonnances », a reconnu Léa Lignières, d’autant que toutes n’ont pas reconnu le test de grossesse dans sa dénomination médicale. Mais les joueuses en ont ensuite discuté et plaisanté entre elles et aucune n’a découvert avec le communiqué de l’AJPH qu’elle avait subi ce test, a assuré la jeune capitaine.M. Ponroy en revanche a assuré n’avoir été informé de ces tests qu’à la réception du communiqué de l’AJPH jeudi. « Je me suis entretenu assez rapidement avec le médecin, les instances fédérales, l’entraîneur, pour avoir la lumière sur cette affaire qui n’est pas anecdotique […]. Oui, les tests ont été faits. Non, ils n’ont rien d’illégal et n’ont pas été faits sans le consentement des joueuses ».Référent régional pour la maternité chez les sportives de haut niveau, le Dr Berlivet a ajouté le test à la liste habituelle d’analyses pour s’assurer que les joueuses étaient en mesure de supporter les efforts intenses de la préparation de début de saison et pour connaître les traitements à éviter, comme il le fait avec les autres sportives qu’il suit, a expliqué Arnaud Ponroy.
Sportives enceintes, un vrai débat à avoirMais « rien n’a été fait de manière insidieuse, et c’était dans notre intérêt en tant que joueuses », a insisté Camille Ayglon-Saurina, elle-même maman d’un petit garçon né avant son arrivée à Nantes, tout en regrettant que le débat sur la maternité chez les femmes actives et plus particulièrement chez les sportives de haut niveau n’apparaisse que sous cette forme polémique, alors que « forcément, ça a d’énormes conséquences sur nos carrières ».Ces dernières années, le club de Nantes a connu en moyenne une ou deux grossesses par saison. « Quand une joueuse est enceinte, on l’apprend quand elle a envie de nous le dire. Comme dans toute entreprise. En plus, les joueuses sont sous contrat, elles n’ont pas de période d’essai », a insisté M. Ponroy, rappelant que le club pouvait alors recruter un joker médical.


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