« Seuls les sites déjà urbanisés seront constructibles », annonce le candidat écolo


Pierre Hurmic, entouré des premières personnalités sur sa liste. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Le candidat écologiste Pierre Hurmic, qui mène une liste d’union à gauche à Bordeaux, a présenté ses premières propositions.
  • Microforêts, plan-vélo et service municipal de l’habitat font partie des mesures prioritaires.
  • L’équipe entend défendre un programme de rupture à la hauteur des enjeux climatiques.

Déterminé et galvanisé par le dernier sondage qui le place en bonne position face au maire sortant, le candidat écologiste Pierre Hurmic (EELV)
à la tête d’une liste d’union à gauche (famille écologiste, PS, PC, Générations, Nouvelle Donne etc.) a présenté ce jeudi ses premières propositions. S’il reconnaît à
Alain Juppé « un bilan sur 24 ans qui reste positif », il estime qu’une rupture est nécessaire pour répondre aux enjeux climatiques, épinglant notamment « un modèle urbain dépassé ». 20 Minutes a retenu dix mesures fortes annoncées par la liste « Bordeaux Respire ».

Maîtriser l’urbanisation galopante. La première des priorités avancées est de préserver les derniers espaces naturels en cessant toute artificialisation des sols. « Seuls les sites déjà urbanisés seront constructibles », souligne Pierre Hurmic. Une mesure qui suppose de réformer le plan local d’urbanisme (PLU).

Végétaliser la ville de pierre. Pour créer des îlots de fraîcheur dans une ville qui étouffe facilement en été, il propose de créer des jardins de proximité dans tous les quartiers et des mircroforêts urbaines. Il estime aussi qu’il y a urgence à désimperméabiliser les sols, en lien avec l’Unesco et les Bâtiments de France.

Développer l’activité sur le fleuve. La liste écologiste souhaite multiplier les navettes sur la Garonne et pas seulement pour le transport de passagers mais par exemple pour gérer les déchets.

Encourager l’économie sociale et solidaire. « Bordeaux a les moyens d’être une terre d’accueil pour des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ressourceries, artisanat autour du réemploi) si elle ne vend pas tous ses immeubles municipaux », estime Pierre Hurmic.

Lancer un service public municipal de l’habitat. Il permettrait de contrôler les locations de type Airbnb qui ont confisqué beaucoup de petites surfaces locatives dans la capitale girondine. « Cela ne sert à rien de limiter le nombre de jours si on ne contrôle pas », appuie le candidat. Ce service aura aussi pour mission de mobiliser les 11.000 logements vacants (chiffres Insee), d’abord par des mesures incitatives.

Créer des quartiers apaisés. Si la circulation y sera réduite, ils seront aussi dotés de mini-squares, d’arbres, de bancs, de trottoirs élargis, et de boxes fermés pour que les riverains puissent garer leurs vélos.

Proposer des tarifs municipaux adaptés aux revenus. « Bordeaux ma carte » est un dispositif qui permet de bénéficier pour les transports, la piscine, les spectacles etc. de tarifs ajustés en fonction de ses revenus, et cela peut aller jusqu’à la gratuité.

Imposer des aménagements urbains pour les mobilités douces. Dans tous les aménagements de voiries réalisés, l’équipe écologiste veut en en prévoir 50 % au minimum pour les mobilités douces (marche et vélo etc.) contre 70 % destinés aujourd’hui aux voitures. Elle prévoit de déployer un réseau cyclable d’envergure avec un budget de 350 millions sur six ans (soit cinq fois supérieur par rapport à ce qui est en cours aujourd’hui).

Recenser des parkings d’entreprises à mutualiser. « Nous ne sommes pas des anti-bagnoles primaires », rassure Pierre Hurmic. Il propose de recenser les parkings privés d’entreprises et de commerces qui sont vides le soir et le week-end et pourraient accueillir des véhicules de particuliers.

Favoriser la démocratie locale. L’équipe veut organiser des « Assises du pouvoir partagé » dès juin 2020. Elle avance aussi deux suggestions : inscrire une question à l’ordre du jour du conseil municipal à partir de 4.000 signatures de citoyens et doubler l’enveloppe des budgets participatifs.

Autant d’idées pour « faire les choses en grand à Bordeaux », face au changement climatique, estime le leader écologiste. Le programme complet sera en ligne dans les prochains jours.

 

« Se débarrasser du stade Matmut »

Pour mener à bien son projet sans augmenter la fiscalité, le camp écologiste propose par exemple de vendre le stade Matmut Atlantique au club des Girondins, plutôt que de continuer à rembourser une dette sur 30 ans. « Je considère que le club, qui n’est pas foncièrement hostile à l’idée d’ailleurs, peut se payer lui-même son outil de travail. Ce n’est pas aux contribuables de le faire », a précisé Pierre Hurmic. Il a promis que l’équipe s’entourerait des meilleurs avocats pour sortir du contrat de partenariat public privé (PPP), qualifié de « piège ».



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