Scale-up ne rime pas forcément avec technologie


Une étude des données de 80.000 entreprises européennes de type scale-up révèle qu’une seule entreprise de ce type sur 10 est active dans la technologie.

Une scale-up, c’est une entreprise qui a récolté, depuis sa création, au moins 1 million de dollars auprès d’investisseurs et a connu une croissance annuelle moyenne de ses ventes et de son taux emploi d’au moins 20% par an sur une période de 3 ans.

Contrairement à une croyance répandue, les scale-ups ne sont pas majoritairement des ex-start-ups digitales. On retrouve des scale-ups dans tous les secteurs d’activités avec différents degrés d’innovation. Par contre, c’est au niveau de la taille et de la croissance que de grandes différences s’observent entre les secteurs, plaçant les scale-ups actives dans les nouvelles technologies et les biens et services de consommation en tête de peloton. C’est ce qui ressort d’une enquête menée à grande échelle par la Vlerick Business School, pour le compte de Scale-Ups.eu. Les chercheurs se sont basés sur les informations obtenues auprès de plus de 80.000 scale-ups actives dans 8 pays européens.

L’image classique de la scale-up évoluant dans le secteur de la haute technologie ne colle donc pas à la réalité. En effet, seule 1 scale-up européenne sur 10 est active dans le secteur des TIC et seulement 4% dans la biotechnologie ou les soins de santé. De plus, seule 1 scale-up sur 4 indique avoir créé un produit ou un service nouveau à l’échelle mondiale; environ 1 sur 3 déclare même « n’offrir absolument rien de neuf ». Côté chiffres, la scale-up européenne moyenne a généré en 2017 environ 1,7 million d’euros de ventes, soit 30% de plus que l’année précédente.

Les défis pour maintenir sa croissance

Pour Veroniek Collewaert, professeure à la Vlerick Business School et autrice de l’étude, les scale-ups européennes ont de nombreux défis à relever pour conserver leur statut et leur croissance. Le premier est de recruter et de gérer des talents: « Une scale-up sur trois voit dans la recherche et le maintien des collaborateurs le défi numéro un pour poursuivre sa croissance. Pourtant, les scale-ups ne sont pas encore très loin en matière de professionnalisation des RH.« 

Pour une scale-up sur trois, le défi majeur est surtout de trouver un financement suffisant. « C’est principalement le cas pour celles qui ont déjà obtenu un financement externe. » Il est d’ailleurs intéressant de noter que 40% des scale-ups utilisent exclusivement leurs fonds propres pour financer leur croissance. Dans le cas contraire, ce sont les banques qui sont privilégiées par la plupart des entreprises pour un financement externe. On notera encore l’accès au marché, le leadership et l’infrastructure comme des défis identifiés par l’étude.

Ces convulsions s’appliquent-elles également aux scale-ups belges, non répertoriées dans l’enquête? « Oui, complètement. Les scale-ups belges ont les mêmes défis et présentent la même typologie de présence dans les différents secteurs« . Si celles actives dans le digital ou la biotech sont le plus souvent mises en avant, c’est en réalité principalement dû aux nombreux capitaux qu’elles arrivent à attirer régulièrement. Des levées de fonds qui leur assurent une surreprésentativité par rapport au tissu entrepreneurial global.



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