Santé : les habitants du Cher et de l’Indre vont plus souvent aux urgences à cause de l’alcool que la moyenne


« De manière générale, la région se porte bien » rassure Nicolas Vincent, épidémiologiste pour Santé Publique France. Le 14 janvier, l’agence nationale a dévoilé les résultats de sa nouvelle étude : « Consommation d’alcool : où en sont les français ? » Pas de doute, les gaulois savent toujours lever le coude, même si l’éducation à la santé et les campagnes de prévention changent petit à petit les mentalités. 
 

© Yacha Hajzler / France Televisions
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Pourquoi les hommes et les seniors boivent-ils plus ?

Les résultats déjouent quelques clichés : le buveur type n’est pas votre neveu, c’est votre grand-père !« La consommation quotidienne est un comportement adopté par les générations précédentes, qui ont cette habitude d’accompagner chaque repas de vin ou de bière » explique Dominique Jannel, responsable thématique pour Santé Publique France. Chez les jeunes « il peut y avoir différents facteurs, avance la spécialiste. Une question de coût, par exemple, ou les habitudes des jeunes générations : le fait de ne pas boire quotidiennement est rentré dans les moeurs. »
 

© Yacha Hajzler / France Televisions
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A l’inverse, Dominique Jannel remaque que « les alcoolisations ponctuelles importantes, c’est un phénomène plus récent, qu’on observait dans le monde anglo-saxon et qu’on retrouve aujourd’hui dans les comportements des jeunes ».

Autre différence : celle entre les hommes et les femmes. Un écart que l’on retrouve systématiquement, mais qui tend à se réduire. « Les hommes sont plus consommateurs d’alcool à la base, comme de tabac. C’est ancré culturellement«  explique Nicolas Vincent, qui précise cependant que d’autres facteurs peuvent entrer en jeu, et seraient à prendre en compte dans une étude davantage socio-économique. 
 

© Yacha Hajzler / France Televisions
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Plus diplômé, moins alcoolisé

L’étude met en avant d’autres données intéressantes. A revenu égal, plus on est diplômé, moins on boit. A diplôme égal, plus on est riche, plus on boit. « On utilise les deux indicateurs, car ils n’apportent pas la même information, justifie Dominique Jamel. Le fait d’avoir des comportement favorables à la santé est plus lié au diplôme car avec une instruction plus importante, on a tendance à être plus sensible à sa santé, son alimentation… Avec un haut revenu, on a des facteurs comme le type d’alcool consommé, les moyens qu’on met pour l’alcool… »
 

Le Cher plus touché que la moyenne

Disparité aussi à l’intérieur du territoire de la région Centre-Val de Loire. Si la consommation n’a pas pu être évaluée à une échelle plus fine, l’étude compare les départements sur la base des cancers liés à l’alcool, et des hospitalisations liées à une intoxication alcoolique. Concernant la mortalité liée aux cancers de la bouche, du pharynx, le Cher est systématiquement au-dessus de la moyenne nationale, ponctuellement suivi par l’Indre.

Le taux de passage aux urgences est de 0.89% chez les femmes et 2.46% chez les hommes dans le Cher, contre 0.72% et 1.99% au niveau national. Dans l’Indre, ces taux sont respectivement à 0.88% et 2.41%

« On pourrait penser à une consommation plus importante, avancent comme hypothèse les deux chercheurs. On le voit avec le taux de passages aux urgences, qui reflète une consommation actuelle. On sait aussi que la ruralité, une certaine défavorisation peut jouer, mais il y a sans aucun doute d’autres facteurs qu’on ne peut pas décrire. » 
 



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