Rencontres internationales au siège du PCF : « Une autre mondialisation est possible » | INTERNATIONAL

Le Parti Communiste Français a été à l’origine d’un moment de réflexion commune entre partis communistes du monde, syndicalistes, universitaires et associations. À l’origine de l’événement, la revue Économie et Politique avait désigner plusieurs axes d’analyse de la mondialisation capitaliste et affichait la volonté d’arriver à la fin de la rencontre à des actions communes au niveau international. Organisées les 7 et 8 février, ces rencontres feront l’objet d’un compte-rendu dans le prochain numéro d’Économie et Politique.

Après
avoir été accueillis par Igor Zamichiei, les premiers délégués ont pu compléter
l’introduction de Frédéric Boccara par des interventions générales. Alexandre
Bouzgaline, de l’Université de Moscou, Martial Ze Belinga, économiste camerounais,
Yang Yan, représentante de l’ambassade de Chine, Hédi Sraieb, pour le Parti
tunisien Al Massar, et Marc Botenga pour le PTB ont ainsi eu l’occasion de
faire une intervention générale, sur l’état du monde et des luttes dans leur
pays. La diversité des interventions, Union européenne, franc CFA, OTAN,
nouvelles routes de la soie, laissent tout de même entrevoir un certain nombre
d’enjeux commun : néo-impérialisme, néocolonialisme et domination des
multinationales.

Ce
seront justement les enjeux des tables rondes du lendemain. La journée commence
par la question des multinationales. Muriel Ternant, secrétaire de la
fédération du Territoire de Belfort, particulièrement touchée par le sujet du
fait de l’actualité de la lutte des travailleurs de General Electric, anime la
séance. Dans un premier temps, des représentants du PCF, du PTB, de la CGT
Alcatel-Nokia cernent les défis posés par les monopoles internationaux. Le
monopole des multinationales sur la production mondiale fait d’eux les
principaux organisateurs de la production, jusque dans les plus petites
entreprises. Ces dernières vivent dans la dépendance des commandes, des
exigences ainsi que du monopole sur la propriété intellectuelle des
multinationales. Cette domination internationale garantit l’orientation de
l’économie mondiale vers un seul objectif : la rentabilité de ces capitaux
dominants.

Dans
un second temps, des camarades de l’IRES (institut de recherches économiques et
sociales, financé par l’intersyndicale), de la CGT General Electric, Chevron,
et du PCF, développent les propositions communistes en termes d’interventions
et d’institutions pour reprendre le pouvoir sur ces géants économiques. Les
questions du pouvoir aux salariés au sein des entreprises ont été centrales
dans les débats. Cette prise du pouvoir a doit être réfléchit à différent
niveau, que ce soit dans l’appropriation collective via les nationalisations,
mais aussi par les critères d’attributions des crédits.

Le
second thème concerne les collaborations internationales pour le développement
des services publics. Il permet de confronter les points de vue du PCF, de la
fédération CGT des Finances, et du président de la section cheminote d’ITF
(International Transport Workers Federation, par ailleurs membre de la CGT
Cheminot en France). Des convergences importantes, sur les moyens de
financement, et les enjeux de sortir de nombreux secteurs des logiques de
rentabilité émergent. Un consensus se dessine pour mettre au cœur de ces enjeux
de financement la fin des exonérations fiscales et de cotisations dont
bénéficient le patronat et les grandes entreprises. Mais aussi la conquête d’un
pouvoir démocratique sur les banques grâce à la constitution d’un puissant pôle
public bancaire et d’un fonds international de développement des services
publics, abondé par des banques centrales remises sous contrôle démocratique.
La nécessité d’articulations internationales des luttes également, que ce soit
au sein de l’Union européenne ou pour lutter contre les néocolonialismes.
L’exemple des trains de trop nombreux pays africains et sud-américains ne
reliant que les mines aux ports étant l’exemple concret qu’un « service
public » peut n’être dédié qu’à renforcer des
logiques de prédation. La question du pouvoir des travailleurs et des usagers
est donc unanimement désignée comme centrale.

Après
une pause pour déjeuner, la troisième séance de la journée commence. Elle
concerne cette fois-ci les enjeux monétaires et la domination internationale du
dollar, et donc des intérêts états-uniens sur le FMI et la banque mondiale. La
position dominante du dollar est unanimement reconnue comme l’une des
principales armes de l’impérialisme américain. Elle permet aux Yankees d’opérer
des prélèvements sur un large ensemble d’économies nationales dominées, par le
biais d’un contrôle des prix. Ces ponctions impérialistes assurent la
possibilité pour les États-Unis de financer des politiques publiques, notamment
militaires, sans mettre directement à contribution les entreprises sur leur
territoire. C’est également cette domination yankee qui a terminé les
politiques criminelles du FMI et de ses plans d’ajustements structurels imposés
à des dizaines de pays. Il s’agit donc d’une arme de contrôle politique et
économique de monopoles américains sur l’ensemble des économies dominées au
niveau mondial. Au-delà de l’hégémonie du dollar, les intervenants ont évoqué
les problèmes de l’Euro et des politiques monétaires de la BCE, totalement
indépendante des volontés populaires. Outre le PCF et L’Humanité, c’est Pedro
Paez, ancien ministre équatorien qui donne le meilleur exemple de ce que peut
être une construction politique et monétaire alternative à la domination
états-unienne au service de l’intérêt du peuple et non des capitalistes avec
l’exemple de l’ALBA. L’équateur a été membre de cette organisation régionale de
2009 à 2018. L’exemple des pays sud-américains ayant fait le choix d’une
construction socialiste ou progressiste prouve qu’il est possible de contester
l’hégémonie du dollar pour mettre en place une politique de coopération
économique et monétaire au service des peuples et de leurs besoins.

La
quatrième séance de cette journée chargée est consacrée spécifiquement aux
questions européennes, et aux luttes communes à entreprendre dans cet espace
géographique. La cohérence des politiques patronales et gouvernementales en
Europe impose une union des travailleurs et des partis qui représentent leurs
intérêts. Cela est flagrant sur des secteurs structurels de l’économie qui sont
particulièrement soumis à un nivellement par le bas des conditions de travail,
dans le cadre d’une concurrence organisée entre les travailleurs. Dans le cadre
d’une économie de plus en plus intégrée au niveau européen et mondial, la
capacité d’action unitaire des travailleurs au sein d’un groupe international
ou d’un secteur est nécessaire. Partant de ces luttes, les partis communistes
doivent porter également des revendications communes permettant d’apporter un
soutien et un prolongement politiques aux actions syndicales. Le PCF accueille
alors des représentants de l’International Dockworkers Council (affiliation
internationale de la CGT Ports et Docks), de la FNIC-CGT (Industries chimiques),
du PCP et d’AKEL, nos partis frères portugais et chypriote.

La
conférence se conclut par l’affirmation de la nécessité de batailles communes
et de renouveler des temps d’échanges politiques comme celui-ci. Cette volonté
de coordination est particulièrement mise en avant par les communistes italiens
de Rifondazione Comunista.

Enfin,
le concert des Szgaboonistes vient mettre un terme festif à cet événement.



Source


Crédits photo : www.lavantgarde.fr


Source de l’article : www.lavantgarde.fr


Source: https://www.lavantgarde.fr/rencontres-internationales-au-siege-du-pcf-une-autre-mondialisation-est-possible/