Pour avertir piétons et cyclistes, un tramway projette un message lumineux « danger » devant lui
Expérimentation de projection d’un message — Keolis bordeaux Métropole
  • Keolis a recensé sur les dix premiers mois de l’année, 128 accidents impliquant un véhicule, un vélo ou un piéton avec le tram.
  • Face à une « contrainte urbaine de plus en plus forte » l’entreprise expérimente des mesures de sécurité sur le réseau bordelais, pour réduire cette accidentologie.
  • Depuis mardi, un message « danger » est projeté à l’avant d’une rame de la ligne A.

Après les rhinocéros peints en jaune sur quelque passages piétons, et les spots flash situés à l’avant de certaines rames, Keolis Bordeaux expérimente depuis mardi
une nouvelle initiative sur son réseau. Une rame de la ligne A est équipée d’un faisceau lumineux qui projette le message « danger » cinq mètres devant elle, pour avertir piétons et cyclistes. « Il s’agit d’une expérimentation menée jusqu’au 20 décembre, et rien ne dit qu’elle sera retenue de manière définitive » insiste-t-on chez Keolis.

Keolis Bordeaux expérimente un message lumineux – Keolis Bordeaux Métropole

« Notre objectif est de réduire les risques entre le tramway et les modes doux (piétons, cyclistes, trottinettes) et pour cela nous mettons en place une série d’expérimentations qui entrent dans un projet intitulé « nudges », précise Cédric Cazau-Beyret, responsable « sécurité-système » chez Keolis Bordeaux. Nous avons travaillé avec une entreprise qui nous a aidés à trouver des idées, et ce tapis lumineux est la troisième que nous testons. »

« L’objectif se situe bien dans les zones piétonnes et en approche des stations »

Le message est projeté entre les deux rails de la rame sur un mètre de large et 1,2 mètre de long, de manière continue sur le devant du tramway durant toute sa circulation. « Mais notre objectif principal se situe bien dans les zones piétonnes et en approche des stations, car lorsque le tram roule à 50 km/h, l’image n’est pas projetée suffisamment loin pour que ce soit efficace », estime Cédric Cazau-Beyret.

L’idée, pour Keolis, est de voir « si cette image fait changer le comportement des piétons à l’approche de la rame ou pas. » L’entreprise fera ensuite mesurer l’efficacité de ce test avec un cabinet spécialisé.

La quatrième expérimentation sera menée en 2020. « Elle est encore en phase d’étude, mais il s’agira a priori d’un message sonore qui alertera les piétons, lorsqu’une rame approche d’une zone sensible ou d’une station » explique le « monsieur sécurité » de Keolis. Pour l’entreprise, il n’y a pas de limites concernant le nombre d’expérimentations qui peuvent être retenues de manière définitive. « Notre but est de mettre en place le maximum de solutions pertinentes. Nous aurons un retour début 2020, et nous prendrons une décision dans le courant de l’année. »

Quasiment trois freinages d’urgence par jour sur le réseau tram

Keolis a recensé sur les dix premiers mois de l’année 2019, 128 accidents impliquant un véhicule, un vélo ou un piéton, avec un tram. Il y en avait eu 179 en 2018. Le taux d’incidents sur le réseau tram est de 0.26 pour 10.000 kilomètres (stable par rapport à l’année dernière). Enfin, l’exploitant du réseau de transport enregistre 2.93 freinages d’urgence en moyenne chaque jour pour éviter piétons, cycliste ou automobilistes sur les voies de tramway, un chiffre qui est, lui, en augmentation (2.54 en 2018.)

« Nous avons une contrainte urbaine qui s’intensifie sur l’ensemble de la métropole, et il faut qu’on arrive à faire cohabiter l’ensemble des modes de transport, analyse Cédric Cazau-Beyret. D’autant plus que la gravité est tout de suite plus importante lorsqu’il s’agit d’un piéton ou d’un cycliste, qu’avec un véhicule. »

Sur la nouvelle problématique des trottinettes, « nous commençons à travailler sur le sujet, explique Keolis, même si nos expérimentations ne ciblent pas ces véhicules précisément. »



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