Publié le 29 févr. 2020 à 10h42Avec la multiplication des foyers de Covid-19, peut-on maintenant parler de pandémie ?Absolument. La pandémie répond à deux critères. Le premier est virologique. Il faut que l’espèce humaine n’ait jamais eu affaire au virus. C’est le cas avec ce coronavirus. Le second est géographique. Au minimum deux régions du monde doivent être touchées. L’Asie-Pacifique était jusqu’à la semaine dernière la seule. L’Europe l’est désormais, comme le montre la multiplication des foyers de contamination 
dans le nord de l’Italie et en France.

Pour autant, il ne s’agit là que d’une question de sémantique liée à des critères purement objectifs. Cela ne dit rien de plus sur ce Covid-19, mise à part qu’il est nouveau et qu’il voyage.Existe-il un précédent analogue au Covid-19 ?Le Syndrome respiratoire aigu sévère, plus connu sous le nom de SRAS, semble une bonne base de comparaison. Pour mémoire, ce virus est apparu en Chine, s’est propagé dans une trentaine de pays, a infecté 8.096 personnes et en a tué plus de 774 dans le monde en 2002 et 2003. Le SRAS, comme le coronavirus aujourd’hui, a alerté l’Organisation mondiale de la santé et frappé de nombreux secteurs touristiques. Le coronavirus se démarque, lui, par son effet paralysant non seulement sur le tourisme et les voyages, comme en 2003, mais aussi sur l’industrie manufacturière en Chine.Faut-il conclure que le Covid-19 impacte plus durement l’économie que le SRAS ?Il est encore trop tôt pour le dire. Le tissu industriel de la Chine de 2020 est bien plus développé que celui de 2002-2003 et davantage intégré dans la mondialisation. Gardons-nous donc de prévisions démesurément pessimistes. Quand le SRAS est apparu, nous avons cru à une crise économique de grande ampleur. Certains économistes anticipaient 100 milliards de dollars de coûts pour l’économie. L’Histoire enseigne qu’il fut contenu, entre 50 et 60 milliards, soit 2 % du PIB de la région Asie-Pacifique à l’époque.La communauté internationale était-elle prête à affronter ce Covid-19 ?La préparation des systèmes de santé est variable. En France, il est certain que nous sommes mieux lotis qu’en Grèce, par exemple. Est-ce que nous sommes prêts ? Difficile à dire pour le moment. Est-ce que nous sommes mieux préparés ? Oui, des progrès ont été réalisés sur les plans médical et sanitaire.La marge de progression est flagrante, c’est une certitude, en matière de communication. Durant l’épidémie de SRAS, la règle de communication était de dire que « tout va bien, on gère, on est prêt ». Aujourd’hui, avec le coronavirus, la communication semble plus proche de la réalité. On dit ce que l’on sait faire. On admet par ailleurs les points sur lesquels nous éprouvons des difficultés.Donc, les autorités françaises semblent à la hauteur.Oui, globalement. Peut-être que je serai déjugé dans quelques jours.La Chine, de son côté, a imposé à ses habitants d’impressionnantes quarantaines. Que nous enseigne l’Histoire sur ces mesures de confinement ?Les quarantaines collectives, c’est-à-dire le confinement dans un périmètre fermé et gardé, a fait la démonstration de son inefficacité. « Des fuites se produisent immanquablement qui effondrent ce système de défense », déclarait déjà en 1945 le professeur André Lemierre, infectiologue, devant le Conseil supérieur d’hygiène publique de France. Cela revient en outre à mélanger des gens asymptomatiques, mais contagieux, avec des populations indemnes et non-contagieuses.Au lieu de contenir la maladie, vous la propagez.Au lieu de contenir la maladie, vous la propagez. Wuhan, l’épicentre du coronavirus en Chine, est d’ailleurs dans cette situation de quarantaine collective. Il existe ailleurs en Chine des mesures de confinement individuel, où les habitants restent calfeutrés chez eux. L’Histoire ne montre ni efficacité ni inefficacité.N’y a-t-il pas une forme d’hystérie ?Impossible de le dire tant que l’on n’a pas vu la fin du film. Peut-être que la peur et les impressionnantes mesures sanitaires sont parfaitement justifiées.La peur peut-elle avoir des effets aggravants ?Un très haut niveau d’anxiété peut paralyser l’économie. C’est probablement déjà le cas. La peur peut aussi produire un effet positif. Si les habitants ont conscience du risque et prennent leurs précautions, ils réduisent la probabilité d’être contaminés… ou de contaminer.


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