Publié le 24 févr. 2020 à 11h39Mis à jour le 24 févr. 2020 à 11h40Les chiffres de la Sécurité routière pour le mois de janvier 2020 indiquent
une hausse 9,7 % des décès sur les routes

avec comme principales victimes les utilisateurs de scooters, les automobilistes et les cyclistes.  A Paris, le nombre d’accidents impliquant
cette dernière catégorie a augmenté de 153,7 %

sur le seul mois de janvier. Des accidents qui s’expliquent par la vitesse, l’alcool mais aussi par la très forte diversification des mobilités individuelles.Les mobilités dites douces (vélo, trottinette, gyropode…) ont été fortement plébiscitées durant la paralysie des transports en Ile-de-France et continuent d’alimenter une forte demande. Cet afflux de nouveaux utilisateurs n’était et n’est toujours pas adapté à toutes les rues dans les grandes villes.La cohabitation avec les nouveaux moyens de transports ne peut se faire naturellement. Tout comme la régulation entre voitures à cheval et automobiles avait débouché sur le Code de la route de 1921, il est aujourd’hui du rôle des autorités d’organiser cette cohabitation pour réduire les accidents. L’enjeu est évident pour les municipalités : répondre à une forte demande et permettre le développement durable des mobilités douces dans un contexte d’urgence climatique en assurant la sécurité de tous. Pour répondre à ce besoin, les propositions de «plan vélo» fleurissent avec comme principal axe la création de plus de pistes cyclables. Sauf qu’il ne suffit pas de proposer plus de voies vélo pour assurer la cohabitation harmonieuse des différents modes de transports dans l’espace public.Aménager des parcours sécurisésL’aménagement des pistes doit avant tout veiller à la sécurité des cyclistes comme des riverains et des autres véhicules circulant dans l’espace public. La transformation de la voirie ne peut se faire sans une revue complète des flux de circulation présents et à venir.Dans une chaussée déjà bien encombrée, créer des voies cyclables de façon aléatoire ne peut qu’engendrer du chaos supplémentaire. Chaque piste créée doit répondre à un impératif de desserte et de sécurité sans surcharger la chaussée plus qu’il n’est nécessaire. En cas de flux trop importants, la question des trajets alternatifs doit se poser. Par ailleurs, en plus de la prise en compte des flux de circulation, il est primordial avant tout projet de cette ampleur de faire le bilan de l’état de la signalétique au sol et de recenser l’ensemble des points de circulation dangereux (rond points, ponts, intersection…). Il n’y a ainsi aucun intérêt à mettre en place une voie cyclable sur un pont si les voies qui y mènent sont dangereuses pour les utilisateurs…> Lire aussi :Strasbourg, Grenoble et La Rochelle sacrées capitales du véloPour assurer des parcours sécurisés et encourager les déplacements, il n’est pas non plus possible de faire l’impasse sur les places de stationnement dédiées aux vélos. Les places de stationnement sont aujourd’hui des maillons clés entre transports en commun et voies cyclables. On doit repenser la notion de plate-forme multimodale au sein de l’espace urbain pour favoriser l’essor des mobilités douces.Encadrer l’espace publicLa loi d’orientation des mobilités (LOM) promulguée en décembre dernier rappelle qu’il revient aux autorités locales de décider de l’utilisation de l’espace public. Certaines collectivités se saisissent vigoureusement de ces sujets comme la municipalité de Villeurbanne (Rhône) qui a décidé d’interdire les stationnements des trottinettes en libre-service sur le trottoir en raison des trop nombreux troubles constatés (accidents, abandons de trottinettes…).La question du partage de l’espace public ne concerne donc plus seulement la chaussée, mais aussi le trottoir. Beaucoup d’utilisateurs de mobilités douces s’autorisent à circuler sur le trottoir plutôt que sur la voirie. Vulnérables sur la route, ces utilisateurs représentent un danger pour les piétons en particulier les jeunes enfants et les personnes âgées et c’est pourquoi les sanctions légalement applicables aux contrevenants sont à prendre systématiquement.La cohabitation ne sera harmonieuse qu’avec une articulation intelligente des voies des quartiers et des dessertes de transport. Ces parcours sécurisés sont le seul moyen de permettre un essor durable des mobilités douces et d’inciter les automobilistes à renoncer à prendre leur voiture pour de courts trajets.Massinissa Chabane est consultant en stratégie.


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Crédits photo : www.lesechos.fr


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Source: https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-velos-autos-trottinettes-repenser-lespace-public-pour-mieux-cohabiter-1174229



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