Municipales : Castaner ne veut plus donner d’étiquette politique aux petites communes


Les résultats des élections municipales de mars ne seront pas classés politiquement dans les communes de moins de 9 000 habitants. Cette décision gouvernementale est dénoncée comme une manipulation par plusieurs partis d’opposition.

«J’ai demandé aux préfets de nuancer les candidats et listes de candidats uniquement dans les communes de 9 000 habitants et plus, ainsi que dans les communes chefs-lieux d’arrondissement», écrit le ministre de l’Intérieur dans un courrier adressé au président de l’Association des maires ruraux daté du 7 janvier.

Le «nuançage» consiste à attribuer une couleur politique aux candidats ayant déposé une liste «sans étiquette», par exemple «divers droite», «divers gauche», «centriste»… Une pratique contestée par nombre d’élus qui ne se retrouvent pas dans les nuances qui leur sont accolées.

Les maires ruraux ravis

«Ce rehaussement conséquent du seuil démographique à partir duquel une nuance est attribuée aux candidats permettra à la fois de préserver la lisibilité des résultats et d’éviter un nuançage approximatif dans les plus petites communes», poursuit le ministre dans son courrier au président de l’AMRF, Vanik Berberian, dont l’AFP a obtenu une copie.

L’association, qui regroupe les 10 000 maires de communes de moins de 3 500 habitants, portait cette revendication depuis plusieurs années. «Les candidats aux élections municipales – spécifiquement dans les communes rurales où l’action publique est fréquemment éloignée des débats politiciens nationaux et des jeux d’appareils – ont le droit de revendiquer la liberté de ne pas entrer dans une classification administrative étriquée», écrit l’AMRF.

Machiavélisme

La volonté du gouvernement de porter à 9 000 habitants le seuil des communes à partir duquel les préfets attribueront désormais une couleur politique aux candidats provoque de vives réactions des Républicains et de la gauche. Au micro de LCP, la sénatrice LR, Laure Darcos parle de «machiavélisme politique».

André Laignel, premier vice-président socialiste de l’Association des maires de France, a son explication sur les raisons de la manœuvre. «C’est vrai que La République en marche risque d’avoir des résultats qui ne sont pas vraiment brillants aux élections municipales et ils essaient tout simplement de les masquer». De son coté, Marine Le Pen dénonce une «manipulation».

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye s’est défendue aujourd’hui. «Il n’y a aucune manipulation en aucune manière sur ce sujet-là», a-t-elle assuré sur France Inter, en dénonçant «l’interprétation» qui est faite de cette circulaire.


LIBERATION avec AFP





Source