« Les travaux du pont de pierre ne commenceront pas avant la livraison du pont Simone Veil », assure le maire Nicolas Florian


Le pont de pierre à Bordeaux — UGO AMEZ/SIPA
  • Nicolas Florian assure que non seulement les travaux du pont de pierre ne démarreront pas avant la livraison du pont Simone-Veil, mais surtout que les trams continueront de rouler durant le chantier.
  • Il dit par ailleurs miser sur une livraison du pont Simone-Veil en 2023.
  • Il détaille enfin son projet de nouveau franchissement de la Garonne, au nord de Bordeaux, que ses deux adversaires principaux aux municipales démontent en pièces.

Bordeaux va-t-elle avoir un (sérieux) problème avec ses ponts ? La question du franchissement de la Garonne, risque en tout cas devenir centrale ces prochaines années. Après les aléas de la construction du pont Simone-Veil, entre Bègles et Floirac, voici que des interrogations émergent autour
du pont de pierre.

On savait de longue date que d’importants travaux devraient être menés pour consolider cet édifice du XIXe siècle. Des interventions ont d’ailleurs déjà été réalisées dès 2017. Mais un vent de panique a traversé Bordeaux mercredi, quand il a été question de fermer totalement ce pont à la circulation (donc aux tramways) pendant deux ans, pour réaliser une nouvelle phase de ce chantier, aux alentours de 2023. Finalement, le
président de la métropole Patrick Bobet a éteint – partiellement – l’incendie mercredi soir, assurant que le pont ne sera jamais totalement fermé, mais prévenant qu’il risque d’y avoir tout de même
une circulation dégradée du tram durant la phase de travaux.

« En aucun cas la circulation des trams ne sera bloquée »

Contacté par 20 Minutes, le maire de Bordeaux Nicolas Florian se veut de son côté rassurant. Et s’étonne même de la polémique naissante. « Nous avons eu un débat sur ces travaux, en conseil de Bordeaux métropole, le 20 décembre dernier, rappelle-t-il. Et ces travaux ne commenceront pas avant que le pont Simone Veil soit livré. Ce sera le préalable absolu. » Et le maire de Bordeaux d’assurer au passage que la livraison du pont Simone-Veil, « doit se faire pour fin 2023 » et non 2024 comme annoncé jusqu’ici par la métropole.

Il confirme par ailleurs « qu’en aucun cas la circulation des trams ne sera bloquée sur le pont de pierre pendant les travaux. Le plus gros atelier de maintenance des trams se trouve rive droite et il ne peut pas y avoir de rupture de charge. Et nous pourrons n’utiliser qu’une file sur le pont de pierre, grâce aux rails californiens [aiguillage qui permet aux tramways d’effectuer des demi-tours], sans même dégrader le service », assure-t-il.

Contactés également par 20 Minutes, les deux principaux adversaires du maire sortant, Pierre Hurmic (EELV) et Thomas Cazenave (LREM), déplorent pour leur part « un manque de transparence dans ce dossier » pour le premier, et un « manque d’anticipation » pour le deuxième.

Le projet de nouveau pont de Nicolas Florian, « de l’improvisation totale » tacle Pierre Hurmic

Les deux candidats sont tout aussi durs avec leur adversaire, concernant son projet de nouveau pont sur la Garonne, entre Bassens et Bordeaux Nord. « C’est de l’improvisation totale de la part du maire de Bordeaux qui nous sort ce projet sans proposer la moindre étude, tacle Pierre Hurmic. Cela donne une image d’amateurisme. » « Un nouveau pont, c’est un investissement considérable, la métropole peut-elle se le permettre ? », interroge de son côté Thomas Cazenave.

Nicolas Florian, lui, n’en démord pas. « Il y a besoin d’un nouveau franchissement en aval, et le maire de Lormont est du même avis, soutient-il. Il s’agirait d’un pont urbain qui irait de la rive droite vers la zone du stade Matmut Atlantique, pour desserrer le nœud autoroutier autour du pont d’Aquitaine. En revanche, il ne s’agit pas de le connecter à la rocade, sa fonction serait de desservir tout le nord de Bordeaux, et de mieux relier le sud du Médoc. » Le maire de Bordeaux n’envisage toutefois pas une livraison de cet ouvrage durant la prochaine mandature, mais plutôt après 2025.

« Manque de réflexion sur l’équilibre territorial »

Pierre Hurmic estime de son côté qu’il « manque surtout une réflexion sur l’équilibre territorial : l’aménagement de la métropole s’est fait de façon déséquilibrée, avec les emplois à Mérignac et les logements sur la rive droite. Après, on s’étonne qu’il y a beaucoup de circulation sur les ponts ! »

Nicolas Florian ne partage pas la même analyse. « Le premier geste qui a été fait pour relier les deux rives a été la première ligne de tramway, la ligne A. Quand on décide de faire le pont Chaban-Delmas on est aussi dans cette logique, pareil pour le pont Simone-Veil. Il n’y a pas de déséquilibre. »

Amélioration des dessertes fluviales

Thomas Cazenave s’inquiète lui du « rythme de croissance de la rive droite, avec la création de nouveaux quartiers comme Bastide-Niel, Brazza ou encore Belvédère. » Et se demande si les aléas autour du pont Simone-Veil, et les incertitudes sur le pont de pierre, « impacteront ce développement. »

En revanche, il y a un point sur lequel se retrouvent les trois candidats : l’amélioration des transports sur la Garonne. Chacun d’entre eux présentera dans son programme un système de navettes fluviales entre les deux rives, plus rapide et plus efficace que les actuels BatCub. Des mesures qui ont l’avantage de pouvoir être mises en service relativement rapidement.



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