Les personnels de la petite enfance mobilisés à Nice


Sur le live Mouvement social

Les personnels de la petite enfance mobilisés à Nice

Manif.

De notre journaliste sur place.

Un coq juché au sommet d’une pancarte. Marie-Pierre et Corinne n’ont pas trouvé meilleure image pour décrire leur quotidien. «Nos bébés ne sont pas des poulets, on ne les élève pas en batterie», raille le slogan. Derrière la peluche trimbalée dans les airs, les personnels de la petite enfance ont pris, ce mardi matin, la tête du cortège de la manifestation pour les retraites à Nice.

«Cette réforme nous impacte. On exerce un métier où la pénibilité n’est pas prise en compte, détaille la première. Arrivées à 55 ans en ayant commencé à 20 ans, beaucoup de nos salariées sont usées : elles cumulent les lumbagos, les tendinites, les inflammations.» Sa collègue embraye : «Dans notre cœur de métier, on retrouve la fatigue nerveuse, la patience, la vigilance, la sécurité, la responsabilité. Même avec tout ça, les salaires et les retraites ne suivent pas.»

De Marie-Pierre la directrice de crèche à Corinne l’auxiliaire puéricultrice, les onze salariées de la crèche des Moussaillons de Saint-Laurent-du-Var sont en grève : leur établissement restera fermé ce mardi. Comme dans 38 autres villes de France, les personnels de la petite enfance manifestent de la place Massena au port de Nice.

Si Marie-Pierre et Corinne parlent au féminin, c’est que 99% du personnel de la petite enfance sont des femmes. «Regardez les congés maternités, les carrières hachées, la grande part des primes et les inégalités salariales hommes/femmes, c’est s’inquiéter pour notre avenir, argumente Sandy Voredini, responsable CGT petite enfance. Tout cela pourrait ne pas entrer dans le calcul et on perdra beaucoup avec la retraite à points.»

Devant Sandy, Marie-Pierre et Corinne ne limitent pas leurs chants et slogans à la retraite. Avec leurs collègues, elles demandent aussi des surfaces d’accueil pour les enfants, du personnel diplômé, des carrières revalorisées. Ce n’est pas le recul du gouvernement sur l’âge pivot qui les découragera. Désormais, c’est «pour la protection d’un métier» qu’elles se battent. Les retraites comme élément déclencheur.





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