Les films en français souffrent à l’international


Publié le 16 janv. 2020 à 19h27

L’industrie française du septième art va devoir réapprendre à faire des blockbusters ou des franchises si elle veut mieux séduire à l’international. L’absence d’« effet Besson » s’est en effet fait ressentir en 2019 pour la deuxième année consécutive dans les chiffres de l’exportation du cinéma français.

Le nombre d’entrées ressort autour de 40 millions, soit à peu près les 
niveaux de 2016

et de 2018, considérées 
comme des années noires

après les 83 millions de 2017 avec « Valérian » ou les 120 millions de 2014 
avec « Lucy »

.

UniFrance, l’organisme de promotion du cinéma français hors des frontières,
annonce ainsi 40,5 millions d’entrées pour 2019

, un chiffre appelé à augmenter légèrement lorsque tous les comptages seront finalisés. Au comptage final de 2018, les entrées se sont chiffrées à 43,7 millions. Les recettes s’établissent, elles, à 244 millions d’euros, à peu près stables également. Il y a un an, l’industrie 
s’attendait à un meilleur score

en 2019 qu’en 2018.

UniFrance reconnaît que les films en langue française « souffrent » particulièrement. Ils font en effet 24 millions d’entrées, soit « le niveau le plus bas depuis 2010 ». La barre des 25 millions pourrait ne pas être dépassée. L’an dernier, ils ont fait 26,9 millions d’entrées (24,6 millions annoncés en janvier 2019, chiffres alors provisoires).

« 2019 est une année avec un film de Luc Besson mais « sans l’effet Besson » », indique UniFrance dans son rapport annuel. « Anna » fait en effet le meilleur score, mais avec seulement 4,35 millions d’entrées hors de France. On est loin des scores habituels des films de Luc Besson en anglais. Son entreprise a été placée 
en procédure de sauvegarde et doit être reprise par son principal créditeur, Vine

.

Deux films en langue anglaise en tête

Le deuxième meilleur box-office international de l’industrie cinématographique française est « Mia et le lion blanc », également en anglais, avec 4,25 millions d’entrées. La comédie « Qu’est ce qu’on a (encore) fait au bon dieu ? » arrive troisième, avec 3,3 millions.

« Le nombre de films français exploités sur les écrans étrangers poursuit sa hausse constante et 7 d’entre eux attirent plus de 1 million de spectateurs, 1 de plus qu’en 2018, mais ceux qui dépassent les 100.000 entrées sont au nombre de 64, 14 de moins […], dit UniFrance. On recense plus de films, plus de gros succès (4 productions de financement majoritaire affichent plus de 3 millions d’entrées cumulées contre aucune en 2018) et, dans le même temps, plus de difficultés pour les « films du milieu » à aller au-delà des 100.000 entrées. »

La comédie reste le genre fétiche à l’export, tout comme l’animation avec deux films totalisant plus de un million d’entrées (« Astérix – Le secret de la potion magique » et « Minuscule 2 – Les mandibules du bout du monde »). C’est en outre le seul genre à avoir cumulé plus de 1 million d’entrées en Asie, cinquième zone d’exportation pour le cinéma hexagonal.

Sans surprise, c’est en Europe occidentale que les films français trouvent le plus leur public, captant presque la moitié des entrées, puis dans le reste du continent.

Les ventes aux Etats-Unis et au Canada anglophone chutent de 18 %, passant pour la première fois sous la barre des 10 % du total. A noter, le succès de « Nevada », avec Matthias Schoenaerts (plus de 550.000 spectateurs), meilleur score depuis 2000 aux Etats-Unis pour un premier film français.

2,4 % de films français sur les plates-formes

Face à la montée en puissance des plateformes de SVOD comme Netflix, UniFrance a lancé 
une étude

sur le poids des films français sur ces supports, en dehors de la France. Il en ressort que les films hexagonaux représentaient 2,4 % du catalogue en novembre 2019, contre 46 % pour les films en provenance des Etats-Unis, près de 9 % pour les films indiens et 4,6 % pour les films britanniques.

Le milieu de la production cinématographique française a longtemps été méfiante vis-à-vis des plates-formes qui n’ont pas la même conception du droit d’auteur et demandent des producteurs exécutifs (et non pas délégués, qui ont plus de contrôle). « Mais c’est en train de changer », dit un professionnel.



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