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Les cours du pétrole ainsi que les bourses ont favorablement réagi aux mesures de soutien à l’économie américaine. La crise du Covid-19 a poussé les États-Unis à trouver un accord historique sur un gigantesque plan de soutien de 2 000 milliards de dollars. Mais sera-t-il suffisant ? Les experts s’interrogent.

Alors que la première économie mondiale est probablement déjà entrée en récession, ces mesures de soutien vont mobiliser autour de 2 000 milliards de dollars. Dimanche 22 mars, Steven Mnuchin, le secrétaire d’État au Trésor, a martelé sur Fox News Sunday la volonté de mettre sur la table 4 000 milliards de dollars pour soutenir des secteurs paralysés aux États-Unis. Finalement, ce sera la moitié. Or la tâche est immense.

Aider les entreprises et les ménages

Il s’agit d’aider les entreprises pour qu’elles puissent continuer à payer leurs employés, mais aussi pour qu’elles soient prêtes à redémarrer après la crise. La Banque centrale américaine, la Réserve fédérale, devrait être mise à contribution et prêter aux petites entreprises.

Les mesures incluent aussi de l’argent pour les hôpitaux et des aides directes versées aux ménages américains, qui toucheront 1 000 dollars par adulte et 500 par enfant.

Le spectre de la récession

Le président américain estime qu’un confinement prolongé de la population pourrait détruire le pays, et qu’« une grave récession pourrait faire plus de victimes que le virus ». Ainsi, Donald Trump espère que le pays « pourrait rouvrir d’ici Pâques ». Mais d’après ses opposants, c’est justement le manque de mesures strictes de confinement qui risque de précipiter le pays dans la récession. Si ce n’est pas déjà fait.

Selon le scénario élaboré par le cabinet d’étude Oxford Economics, l’impact de la pandémie de coronavirus sur l’activité économique a d’ores et déjà fait basculer les États-Unis dans la récession. Oxford table désormais sur une stagnation du produit intérieur brut (PIB) de la première économie mondiale cette année, alors qu’il prévoyait jusqu’à présent une croissance de 1,7%. « Nous anticipons une perte de PIB totale de 350 milliards de dollars (320 milliards d’euros) en 2020 et la perte d’environ un million d’emplois », ajoute le cabinet d’étude britannique.

La Réserve fédérale de Saint-Louis va plus loin dans ses estimations. « Pas moins de 46 millions de personnes pourraient se retrouver sans emploi à court terme aux États-Unis », a annoncé James Bullard, le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, l’une des 12 banques régionales supervisées par la Fed. « Il s’agit de personnes dont le métier implique des interactions avec le public et c’est exactement ce que nos autorités sanitaires déconseillent », a-t-il ajouté.

Un choc violent pour enrayer la crise

Certes, le confinement de la population détruit l’économie, mais le coronavirus la détruit tout autant, constate Véronique Riches-Flores, économiste indépendante et fondatrice de RichesFlores Research. Quand un pays entre dans le confinement total, ce sont entre 60% et 80% de l’activité qui s’arrêtent, explique-t-elle dans une interview à RFI. « Dans un pays comme les États-Unis, où il y a peu de protection sociale, cette paralysie pourrait se traduire très rapidement par une crise économique et sociale qui risquerait d’engendrer des mesures inédites depuis les années 1930, dit l’économiste. Malheureusement, il faut passer par ce choc violent pour limiter la propagation du coronavirus, et aussi pour limiter la casse économique qui va avec. »

Les 2 000 milliards mis sur la table par les autorités américaines constituent des sommes considérables, mais ce ne sera probablement pas suffisant pour enrayer la crise. « Il ne s’agit pas d’ailleurs de plan de relance économique, c’est du sauvetage. On colmate des brèches. Et on essaie d’éviter que l’hémorragie conduise à une crise trop profonde. » La force de l’économie américaine, ce sont les grands groupes, certes, mais aussi et avant tout les petites entreprises. Des PME américaines à la santé financière souvent chancelante. « Pour une grande majorité d’entre elles, il est impossible de tenir plus de 10 jours sans chiffre d’affaire, note Véronique Riches-Flores. On redoute qu’une lame de fond de cette crise ne vienne justement de ces petites entreprises. Il sera impératif de les aider pour éviter les faillites. Mais il faudra aussi mettre de l’argent dans le volet social », conclut-elle.

Et le pire semble encore à venir pour les Américains. La pandémie s’est propagée globalement de la Chine vers l’Europe et les États-Unis, et donc de l’est à l’ouest. Il y aura donc un léger décalage dans le temps. La superficie des États-Unis y joue aussi. Ce à quoi s’ajoute une prise de conscience tardive. « C’est pour toutes ces raisons que le pic de la crise pourrait arriver aux États-Unis en juin. Et ses prolongements pourraient se jouer au-delà de l’été », pense Véronique Riches-Flores. Tout dépendra du développement du Covid-19 outre-Atlantique. Or, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé, les États-Unis pourraient bientôt dépasser l’Europe en nombre de nombre de personnes contaminées. 

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Crédits photo / Source de l’article : www.rfi.fr

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