Dans cette tribune, Jean-Luc Dufrenne, gérant de l’agence Selectour Génération Voyages à Lille, partage sa réflexion sur la transformation vitale de toute la profession au regard de la crise actuelle.

Comme des milliers d’agents de voyages, je vis cette situation inédite et me nourris de toutes les infos, bonnes ou mauvaises, pour tenter de me projeter dans un avenir que je souhaiterais le moins cataclysmique possible.

Après avoir ingurgité 60 journaux télévisés, toutes chaînes confondues, où on en arrive à filmer le silence des grandes villes, les footing sur balcon, les livreurs à domicile devenus les maîtres du monde, les voleurs de masques et autres oiseaux qui chantent autour du Sacré-Cœur, j’essaie de détecter, au travers des nombreux spécialistes qui s’expriment, le premier qui estimera une date prévisible de « début de la fin » de cette épidémie. A raison, ils répètent à l’envi de respecter strictement les mesures de confinement mais personne ne s’aventure à pronostiquer la fin des hostilités !

Il me semble évident que c’est à partir de cette annonce que nous pourrons commencer à sortir de cette léthargie planétaire et se plaire à envisager, tant sur le plan personnel que professionnel, le début… d’une autre vie.

Car s’il fallait donner un sens à cette situation inédite que nous sommes en train de vivre, c’est tout d’abord d’en tirer la quintessence du profit, tant sur un plan personnel que professionnel.

Sur un plan personnel tout d’abord, c’est de lister tout ce que ce confinement a mis en évidence comme « superflu » dans notre vie quotidienne : déplacements, rendez-vous non impératifs, achats « compulsifs »,… Se retrouver, sans doute pour la première fois, de manière quasi permanente avec la personne que vous chérissez et parvenir à rendre harmonieuse cette promiscuité : que du bonheur lorsque la cloche du retour au boulot aura sonné ! S’intéresser de plus près à ses voisins ou à ses proches, et aussi se donner du temps pour mieux se comprendre comme si ce temps momentanément suspendu à l’échelle planétaire, nous permettait de mieux saisir où se trouve, pour chacun d’entre nous, l’essentiel, tout simplement.

Sur un plan professionnel maintenant, après avoir été, comme à notre habitude, en totale empathie avec nos clients et leur avoir apporté tout ce « supplément d’âme » qui, décidément, devrait être érigé en valeur commerciale fondamentale, il nous faut collectivement nous poser la question : pouvons nous continuer comme… avant ? Pouvons nous continuer à subir le diktat d’un Iata dont la surdité ou/et la cécité mériterait aussi l’intervention des plus grands spécialistes ? Devons nous subir la cacophonie permanente des dispositions consulaires qui nous amènent à gérer la problématique de frontières fermées sans se soucier efficacement du rapatriement de nos clients ? Allons-nous devoir toujours subir la foudre de ces mêmes clients qui nous accusent de tous les maux car une législation, supra contraignante, nous désigne plus que tout autre responsable de tout ? Assisterons-nous à une nouvelle confrontation entre producteurs et distributeurs sur la gestion des frais d’annulation ou autres conditions de report ? Parviendrons nous enfin à maintenir notre caisse de garantie financière qui, décidément, n’est pas épargnée depuis quelques mois ?

Une fois que nous aurons pu tous gérer nos mesures de chômage partiel, nos reports de charges, de loyers et autres échéances de prêt (ce qui ne sera pas une mince affaire) et que nous parviendrons à conserver la tête juste au-dessus de l’eau, il conviendra de se poser collectivement la question : plus jamais ça !

A l’instar du récent « grand débat national », notre profession devrait s’offrir ce grand débat national des Entreprises du Voyage (piloté par l’organisme du même nom) afin de nous réinventer, tout simplement !

Tous les sujets devraient être mis sur la table, et ils sont nombreux :

  • Réinventer notre relation producteur/distributeur et repenser les flux financiers
  • Représenter une force unique et incontournable face aux compagnies aériennes
  • Construire des passerelles entre autocaristes et agents de voyages
  • Adjoindre, à nos traditionnelles activités de ventes de voyages, d’autres services en mettant en avant la force incomparable de notre maillage national (nous sommes partout et toujours présents) : conciergerie, services à la personne, relais-colis, nouveaux modes de consommations,…
  • Etc …

Alors, si le cœur vous en dit, réinventons-nous et partons de ce principe simple que si le monde change, nous devons changer le monde !

Jean-Luc Dufrenne, gérant de l’agence Génération Voyages (Selectour) à Lille

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Crédits photo / Source de l’article : www.lechotouristique.com

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