Publié le 14 févr. 2020 à 6h30Les Français sont connus pour être à la fois terriblement pessimistes pour leur pays et heureux dans le privé : le monde politique connaît aujourd’hui l’inverse. 
Le chômage enregistre une baisse

d’autant plus impressionnante (à 8,1 %) que la croissance reste faible, mais le blues s’est installé chez le personnel au pouvoir. Confiant pour le pays, plombé politiquement. « C’est complètement déprimant de ne pas pouvoir célébrer nos bonnes nouvelles », confie un proche du président.Les deux têtes de l’exécutif ont bien marqué le coup ce jeudi. « C’est une très bonne nouvelle. La peur d’embaucher a été levée », a affirmé Emmanuel Macron dans les Alpes. « Le chômage a atteint son plus bas niveau depuis près de douze ans. Nous avons encore beaucoup de travail, mais la constance, l’effort et les mesures produisent des résultats », s’est réjoui Edouard Philippe. Mais qui s’y arrête dans leur entourage ?« Le groupe n’est pas tenu »Les marcheurs sont à la peine dans 
les municipales

, les ministres ne trouvent pas l’éteignoir à la grogne (enseignants, chercheurs, hospitaliers, avocats…),
la réforme des retraites

suscite chaque jour une nouvelle incompréhension, les députés sont en roue libre, pour 
critiquer le financement de la réforme

, ou pour voter comme ce jeudi en faveur d’une proposition de loi UDI (sur la justice sociale) dont le gouvernement ne voulait pas. « Le groupe n’est pas tenu », grince un ministre du gouvernement Philippe.Le groupe justement le lui rend bien, qui s’active une nouvelle fois contre le Premier ministre. L’aile gauche pointe l’absence d’Edouard Philippe à la 
réunion de l’Elysée

, mardi, pour y voir un différend avec le président, et pousser à un changement lors du prochain remaniement. Les noms de Canfin et de Le Drian courent parfois. « On a un mois pour refaire péter le système », dit un député actif. Matignon et Sibeth Ndiaye démentent : le Premier ministre n’était pas là parce que le président voulait lever les incompréhensions suscitées par son propre appel à plus « d’humanité ».Si l’on ajoute la nervosité autour du parti LREM – certains rêvant de déloger Stanislas Guerini après les municipales -, on comprend mieux comment, de tensions en tractations, on finit par oublier les bons chiffres du chômage. Le doute a saisi la macronie : que c’est loin encore 2022 ! Comment occuper les deux prochaines années et avec qui ? Emmanuel Macron a évoqué en creux un remaniement en juin-juillet : rarement le genre de perspective qui calme les esprits.


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