il sera l’invité d’honneur du festival Victor dans la ville


«Pop, ça renvoie tout de suite à la musique pop », affirme Alain Fleury, directeur artistique du festival pour la compagnie Alias Victor. « On a choisi de décliner deux types d’approche pour proposer nos rendez-vous : ce qui recueille une large audience, comme dans la musique, donc ; et ce qui renvoie au peuple, avec cette notion de lutte et de justice sociales, dans une approche politique. »

Des thèmes autour desquels se retrouveront le philosophe Pierre Dardot, le romancier et cinéaste Gérard Mordillat, l’auteur Boris Lanneau, qui a collaboré avec Johnny Hallyday…

Célébrité et pizzerias

« On peut être populaire en poésie, comme Jehan Rictus, parce qu’on a le langage du peuple, mais aussi comme Prévert, qui est un incontournable que tout le monde connaît, qui garde sa qualité d’écriture même dans la célébrité. »

Grande question : l’exigence artistique est-elle soluble dans le pop ? « Des artistes à côté desquels je suis passé à l’époque, comme Dalida ou Mike Brandt, par exemple, sont bien plus complexes que les paillettes derrière lesquels on les cache. Au théâtre, on pourrait dire la même chose de Jacqueline Maillant. D’immenses artistes loués pour la qualité de leur travail sont populaires, de Molière à Chaplin, ou aujourd’hui Daniel Pennac. On ne peut pas être populaire sans une clarté de propos, et cette clarté est une qualité rare. »

Une maxime pour résumer ce croisement entre les deux sens de « populaire » ? Alain a choisi cette citation de Camus dans le journal Combat qui sous-tend cette édition de « Victor… » : « Le peuple, c’est ce qui dans l’idée de Nation ne veut jamais s’agenouiller. »

Pour Olivier Saladin, Normand d’origine, qu’est-ce que la popularité ? « Quelque chose qui m’a très surpris. À l’époque des Deschiens, on me reconnaissait dans la rue, et c’était vraiment étrange pour moi. Enfin, je n’étais pas Bruel non plus, qui ne pouvait même pas aller dans une pizzeria. Encore aujourd’hui, ça arrive et une fois sur deux, la personne a l’air de se dire qu’elle me connaît, mais ne se rappelle pas bien d’où », résume le comédien actuellement en tournée avec la compagnie Les Chiens de Navarre pour Tout le monde ne peut pas être orphelin.

« Quand on me reconnaît, je me méfie un peu. Déjà, la plupart du temps, c’est vague  j’ai longtemps été “un Deschien” sans nom –, mais je ne sais pas si c’est agréable ou pas ; je m’attends presque à me faire mordre. Je suis sur le qui-vive, je ne sais pas quelle va être la raison pour laquelle on m’aborde. Voilà, mon expérience de la popularité est particulière… »

Et quant au vecteur, au média populaire ? « J’ai un peu joué dans toutes les formes, beaucoup à la télé, qui m’a rendu relativement presque célèbre à un moment, mais aussi beaucoup sur les planches. J’aime le cinéma aussi… Je dirais qu’en termes de choix de forme, populaire ou pas, je préfère faire un bon téléfilm qu’une mauvaise pièce au théâtre. Au fond, toutes les formes me plaisent. »

«   Victor dans la ville   », du 18 janvier au 2 février, à Rouen, Mont-Saint-Aignan et Saint-Jacques-sur-Darnétal. Seize rendez-vous gratuits. Programme sur www.aliasvictor.fr.





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