Habitat insalubre à Marseille: les collectifs interpellent le gouvernement


Des associations et collectifs interpellent jeudi dans une lettre ouverte le ministre du Logement, lui demandant d’agir « immédiatement » pour résoudre la « crise humanitaire » que vit Marseille, la deuxième ville de France, depuis l’effondrement meurtrier de deux immeubles en novembre 2018.

Les auteurs de la lettre, publiée sur les réseaux sociaux, attirent l’attention de Julien Denormandie sur le non-respect de la Charte de relogement des personnes évacuées, signée après la catastrophe par la mairie, l’Etat et les associations.

Le 7 janvier, l’adjointe au maire de Marseille chargée du logement, Arlette Fructus, avait rendu sa délégation au maire, fustigeant notamment le non-respect par la Ville de cette charte.

L’effondrement de deux immeubles rue d’Aubagne le 5 novembre 2018, qui avait coûté la vie à huit personnes et révélé l’ampleur du phénomène du logement insalubre et dangereux à Marseille, avait été suivi de l’évacuation de plus de 400 immeubles, soit près de 4.000 personnes, dont certaines ont passé plusieurs mois à l’hôtel.

Plus d’un an après, « les évacuations d’immeubles et les arrêtés de péril ne s’arrêtent pas », assurent dans leur lettre le Collectif du 5 novembre, la Ligue des Droits de l’Homme ou encore Réseau éducation sans frontière.

En moyenne, comptent-ils, 15 arrêtés de péril ont été pris par mois en 2019. « Il faut maintenant une réponse, cette crise ne peut plus attendre », alertent les collectifs. Ils dénoncent notamment « le manque d’offre de logements définitifs adaptés aux ressources des personnes délogées ».

La charte du relogement est destinée à fixer le cadre de l’accompagnement des opérations d’évacuation d’urgence, d’hébergement et de relogement lorsque le propriétaire est défaillant. Elle prévoit notamment une limite d’un mois pour l’hébergement d’urgence à l’hôtel, le relogement des personnes évacuées dans leur appartement ou leur quartier d’origine, la prise en charge par la mairie des affaires personnelles récupérées dans les logements évacués ou encore la prise en compte de « la dimension traumatique » dans les critères d’un relogement définitif.

Les auteurs du courrier demandent la « réquisition de logements vides », la « mise en place d’une coordination réelle et resserrée entre les services d’Etat (ARS et CAF) et les services municipaux d’hygiène et de gestion des risques », ou encore « une évaluation du dispositif de relogement, réalisée de manière externe », comme prévue par la charte.

Vendredi, le premier comité de suivi de la charte de l’année 2020 doit se tenir en préfecture des Bouches-du-Rhône, réunissant les représentants de l’Etat, de la mairie et des collectifs. Ces derniers comptent y dénoncer « les nombreux dysfonctionneemnts dans la gestion de cette crise sans précédent ».



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