Des matchs de football reportés, des tournois de tennis annulés, des courses hippiques à l’arrêt ou presque. Avec la pandémie de coronavirus, les parieurs sont à la peine. Comment s’adaptent-ils à cette situation?

Paris sportifs

Aucun événement sportif sur lequel miser avant vendredi 27 mars au matin et un match de football entre les modestes équipes de Melbourne City et Adélaïde FC. Jamais, depuis le lancement de l ‘ouverture du marché des paris sportifs en ligne en 2010, l’offre n’avait été aussi réduite. Hormis le football en Biélorussie et sur l’île continent, tous les sports sont à l’arrêt pour raisons sanitaires.

Une situation préoccupante pour les opérateurs en ligne, réunis au sein de l’Association française de jeux en ligne (Afjel) et soumis en France à la législation la plus stricte. Pour tenter de compenser le manque à gagner, ils ont sollicité un élargissement des compétitions pouvant servir de supports aux paris auprès de l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel).

Bilan : seul le football australien, sport à mi-chemin entre le football et le rugby très populaire en Océanie, a intégré la liste. « C’est déjà ça, se console Emmanuel de Rohan Chabot, président de l’AFJEL et de l’opérateur Zebet, mais nous espérons plus. Nous craignons que les joueurs se tournent vers les sites illégaux. » D’autant que la reprise des compétitions ne devrait pas intervenir avant de longues semaines.

Devant cette offre minimaliste, des parieurs ont fait le choix de l’abstinence, comme l’ancien rugbyman Eric Blanc. « Je joue tous les jours, et sur des sports très variés. Mais, depuis mardi (NDLR : 23 mars), je suis entré en cure de désintoxication. Je ne suis plus sur mon application dès le matin pour regarder les résultats de la nuit en NBA. Je ne veux pas ouvrir de compte sur Internet, de peur de ne pas savoir arrêter de jouer, et je ne parie jamais sur les sports que je ne connais pas, comme le football australien. »

Paris hippiques

Les courses françaises à l’arrêt, le PMU a pris la décision de fermer ses points de vente. Un sérieux manque à gagner pour l’opérateur, qui réalise 90 % de son chiffre d’affaires dans son réseau. Seule l’activité en ligne persiste, mais est menacée par les annulations qui se succèdent à travers le monde. De là à imaginer un jour sans courses? « Nous faisons tout notre possible pour éviter l’écran noir, confirme le président de l’Afjel. Nous cherchons des épreuves aux Etats-Unis, en Australie, partout. »

Suffisant pour séduire les accros du dada ? « Les courses sont un jeu intelligent, rétorque Gilles, un parieur expérimenté. Il me faut des éléments de réflexion, comme les performances, les vidéos des dernières tentatives, pour établir mes jeux. Avec l’arrêt des courses britanniques, je ne jouerai plus qu’à HongKong. »

Quant à Jean-Louis (le prénom a été modifié), il a rangé ses tickets depuis que la France a disparu du paysage hippique. « Je n’ai pas joué un centime depuis la fermeture des points de vente. Sur les sites en ligne, les masses d’enjeux sont trop faibles pour espérer des rapports corrects et je ne dispose pas des informations nécessaires, au trot, pour jouer sur les courses étrangères. »

Poker

Et si le jeu de cartes était le grand gagnant ? Les joueurs de poker n’ont besoin que d’eux-mêmes pour engager des sommes d’argent. Et s’installer devant son ordinateur pour une partie ou plus permet de passer le temps durant cette période de confinement, où l’ennui guette. Bien qu’il soit encore prématuré de tirer des conclusions, l’Arjel « constate une progression sensible du chiffre d’affaires du 9 au 15 mars et du nombre de comptes joueurs actifs en comparaison avec la même semaine en 2019, notamment sur les sites spécialisés. » Comme la nature a horreur du vide, le poker n’a sûrement pas fini sa crise de croissance.

On ne peut pas miser sur tout

Alors que les opérateurs en ligne avaient demandé à pouvoir proposer à leurs clients des paris sur des championnats secondaires, notamment de football, en Asie centrale ou en Amérique latine pour étoffer leur offre, l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a limité le 20 mars au foot australien l’élargissement du champ des compétitions.

« Pour être agréée, une compétition doit être gérée par un organisme reconnu par l’Etat (fédérations) et les participants doivent majoritairement être majeurs, explique Charles Coppolani, président de l’Arjel. La réglementation et les résultats doivent être facilement accessibles aux parieurs. La notoriété et l’enjeu de la compétition entrent également en ligne de compte. Ainsi, la médiatisation de l’événement est importante, car cela limite les risques de comportements frauduleux chez les participants. Sport le plus populaire en Australie, le football australien répond à ses critères. Nous devons aider les opérateurs à maintenir une offre sans quoi les parieurs se tourneront vers les sites illégaux. »


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Crédits photo / Source de l’article : www.leparisien.fr

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