Plus de compétition, plus d’entraînement… Depuis le confinement mis en place en raison de l’épidémie de coronavirus, c’est l’ensemble du sport français qui est chamboulé. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, assure que le report des Jeux olympiques qui devait se tenir à Tokyo cet été est un soulagement pour les athlètes français et rappelle les règles à suivre en cette période de confinement.

Comment vivez-vous personnellement le confinement ?

ROXANA MARACINEANU. J’ai la chance d’avoir un mari en télétravail, ce qui me permet de continuer à venir au ministère. Je ne quitte pas mon bureau, je fais tout par téléphone, y compris avec les membres de mon cabinet. Pour assurer une continuité, deux équipes étanches ont été constituées, chacune venant une semaine sur deux. Le reste du ministère est en télétravail.

La plupart des sportifs ont réagi au report des JO de Tokyo en relativisant par rapport à la crise sanitaire que traverse la France. Beaucoup d’entre eux postent des messages de soutien sur les réseaux sociaux…

La dimension sociétale du sport n’est pas, à mon sens, assez prise en compte. Dans un moment critique comme celui-ci, on a besoin de prises de position, de valeurs d’exemplarité montrées par des sportifs qui touchent énormément de monde. Je ne pensais pas qu’un pays pouvait changer de configuration, je suis touchée de voir que des sportifs de haut niveau, qui sont impactés au quotidien, peuvent dépasser leurs propres difficultés pour montrer la voie au grand public. Ils sont exemplaires dans leur capacité à faire passer des messages, à se montrer solidaires.

Vous avez été sportive de haut niveau. Qu’est-ce que représente pour un athlète de devoir faire une croix sur une préparation et sur des compétitions ?

La période pré-olympique c’est énormément de stress et d’investissement. Avant même l’annonce du CIO de reporter les JO, malgré l’incertitude qui planait alors, les sportifs ont su faire la bascule, ont su se dire que la santé passait avant la performance. Ces sportifs, on se doit aussi de les accompagner. Avec Claude Onesta ( NDLR : directeur de la performance ) et Ghani Yalouz ( NDLR : patron de l’Insep ), nous en appelons beaucoup. Il est important de prendre de leurs nouvelles, de savoir où et comment ils vivent le confinement, de les écouter, d’évaluer leurs besoins. Nous allons notamment les mettre en lien, pour ceux qui le souhaitent, avec des préparateurs mentaux et psychologues qui auront les mots justes.

Le report des Jeux de Tokyo est-il un soulagement pour eux ?

Oui, tous ceux que j’ai eus au téléphone sont soulagés. L’incertitude était trop lourde et l’inéquité dans la préparation par rapport à d’autres nations était source d’anxiété.

Planchez-vous sur une reprise des activités pour ces sportifs ?

Actuellement, il est encore très difficile de se projeter. Il n’y a pas d’exception sportive. Le secteur sportif n’est pas indispensable à la vie de la nation. Mais j’anime un travail intense avec la direction des sports, l’Agence, l’Insep, le CNOSF, le CPSF pour bâtir des scenarii de reprise de l’activité dans le respect des consignes sanitaires. Mais pour l’instant, on a une bataille à gagner contre ce virus.

Le ministère est très présent sur les réseaux sociaux, avec notamment un community manager qui multiplie les conseils…

Toute l’année, des services travaillent sur des thématiques comme le sport et la santé, les applications, les nouvelles technologies qui trouvent difficilement leur place publiquement et médiatiquement en temps normal, la performance sportive de haut niveau prenant pratiquement toute la place. C’est l’occasion d’animer ce réseau.

Le gouvernement a recadré les règles d’activité physique à l’extérieur durant le confinement…

Je le répète, le sport c’est à la maison, on sort juste pour se détendre. Le confinement n’est pas une période qui sert à préparer un marathon, et ce même si on a du temps.

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On découvre effectivement qu’il est possible de faire du sport à la maison, en famille. Le confinement pourrait-il permettre de changer, demain, notre vision du sport, notre façon de le pratiquer ?

Effectivement, cette période pourrait changer nos habitudes, d’accorder une place différente à l’activité physique individuelle. En temps normal, le ministère n’est pas forcément centré sur celle-ci mais plutôt sur le soutien aux clubs et au mouvement sportif. Il faudra accentuer cette orientation car avec cette mise sur pause, on se rend compte que des personnes peuvent se remettre à une activité physique régulière, seules ou en famille. On découvre aussi qu’on peut faire du sport chez soi. Il faudra que l’activité sportive du quotidien soit également repensée par les associations.

C’est-à-dire ?

Après le confinement, la reprise de l’activité économique sera progressive, des personnes travailleront sans doute davantage cet été. On est en train de plancher sur une offre complémentaire à celles des collectivités territoriales, également durement touchées. On souhaite qu’en juillet et août, si les conditions sanitaires le permettent, les associations sportives puissent proposer des activités, que des éducateurs sportifs interviennent dans les centres de loisirs. Cette crise c’est aussi peut-être le moyen de voir le sport autrement, il peut être aussi une alternative aux modes de garde traditionnels.


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Crédits photo / Source de l’article : www.leparisien.fr

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