Cet ancien champion avait tout perdu, une rencontre dans un parc à Lyon a tout changé


TÉMOIGNAGE – “Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en a qu’une” dit le célèbre roman. Et pour certains, pas besoin de le comprendre, elle s’impose à eux sans qu’il n’ait leur mot à dire.

C’est le cas de Benjamin Kipkuiri. Grand athlète kenyan dans les années 1990. Médaillé d’argent du 1500 m au championnat junior à Annecy en 1998, record du monde du 1000 m à Nice l’année suivante, la carrière du sportif est brillante. “J’ai décidé d’investir dans l’immobilier lorsque ma carrière a pris un bon tournant, l’argent servait pour le bien-être de ma famille” explique Benjamin, père de trois enfants.

En 2007, une guerre éclate au Kenya suite aux élections présidentielles. Au total, plus de 1 500 morts et 300 000 personnes se déplacent dans d’autres pays. Parmi les disparus, des membres de la famille de l’athlète. Lui qui vivait au Nord Ouest de Nairobi, dans la Vallée du Rift, fait partie des déplacés.

À Lyon, il dort sous les arbres

“J’ai vraiment tout perdu, mes appartements ont été brûlés, ma famille a du s’enfuir et moi aussi. Avec le peu d’économie qu’il me restait, je suis allé à Lyon” confie Benjamin.

S’il a choisi de rejoindre la France, ce n’est pas un hasard. “J’avais de très bons souvenirs dans ce pays et une bonne image. Comme j’ai gagné des médailles très importantes dans mon ancienne carrière j’avais envie d’y revenir”.

Une fois arrivé dans l’Hexagone en 2011, ces soucis ne changent rien à son état d’esprit. Chaque jour, on retrouve le coureur dans le Parc de la tête d’Or. Non pas pour s’y reposer, mais pour courir toute la journée.

“J’avais pris beaucoup de poids. Après la guerre dans mon pays, j’ai complètement arrêté le sport ». Ce changement physique semble aujourd’hui amuser Benjamin qui se souvient « quand je suis arrivé, je faisais 85 kg!”, ça n’a pas été facile sur le coup. L’athlète avait gagné du poids, mais perdu son rythme et son souffle. Avant de retrouver son niveau, il a du braver les épreuves.

“Au début je dormais sous les arbres dans le parc, c’était une période très difficile. Parfois, j’allais aussi de foyer en foyer où on m’imposait de rester dehors de 7h à 19h, alors je n’avais rien d’autre à faire que courir”.

Une rencontre qui a changé sa vie

À force de s’entraîner sur le même parcours, les autres coureurs repèrent Benjamin et surtout son allure.

Assis dans le studio du Huffpost, le Kenyan raconte en anglais le jour où il a rencontré Hassan Chahdi, athlète français, spécialiste des courses de fond. “Je me souviens que quand il m’a vu m’entraîner il a tout de suite compris que j’étais un professionnel”. C’est Hassan Chahdi qui va permettre à Benjamin de rencontrer Bastien Perraud, également coach de Bryan Cantero. Rapidement ils le remettent sur pieds.

À partir de là, la seconde vie de Benjamin démarre. Très positif, l’athlète fait partie de ceux qui pensent qu’un bon état d’esprit ne peux qu’apporter des solutions. Quand il commence à s’entraîner régulièrement avec Bastien, qui devient son coach, il continue à donner le meilleur de lui-même.

“ll me disait ‘allez Benjamin nous allons courir 10km!’ Et ça me paraissait énorme, je n’avais plus le niveau ! Mais je voulais vraiment le faire, c’était un gros challenge. Peu de temps après, je courrais sur 1 500 mètres en 3 minutes 35”.

Challenge réussi, direction le marathon de Paris

Et puisqu’un défi en entraîne toujours un suivant, Benjamin s’entraîne aujourd’hui pour le Schneider Electric Marathon de Paris. Le sportif a beaucoup de projets pour la suite, parmi lesquels celui de représenter la France un jour, “pays où ses plus grands rêves ont commencé”.

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