Bordeaux : Les Inouïs du Printemps de Bourges, comment ça marche ?


Une sélection en plusieurs temps

Babysolo33

Crédit photo : DR

Oubliez les tremplins rock du XXe siècle, quand, après une série de concerts, le jury délibérait et désignait le vainqueur en fin de soirée. Pour ces « Inouïs du Printemps de Bourges Crédit Mutuel » (l’appellation officielle), les choses vont être nettement plus compliquées pour évaluer Chien Noir, Babysolo33, Yudimah, W!zard, Siz et Camel Power club. Ces six groupes ou chanteu(r/se)s solo ont d’abord été sélectionnés parmi quelque 120 candidats par un jury composé de tourneurs, de responsables de labels ou de radios musicales ou d’organisateurs de festivals. Ils se succèderont ce jeudi, à partir de 20h30 sur la scène de Barbey, pour des sets de 30 minutes chacun.

Tout cela sera filmé et visionné en plusieurs temps par différents jurys, de sorte qu’à terme les gens qu’on verra à Bourges, entre le 21 et le 26 avril prochain, auront été retenus selon des critères artistiques et pas purement géographiques. En général quand même ce sont deux formations qui représentent chaque année l’Aquitaine (les Inouïs ont gardé les anciennes divisions administratives régionales). Et même Bordeaux, puisque c’est de là que viennent les six noms programmés à Barbey. Les billets pour Bourges seront décernés à la fin février.

De plus en plus de rap et d’electro-pop

Petite révolution cette année ! Longtemps considérées comme un tremplin rock, les présélections pour le Printemps de Bourges présentent ce soir le rappeur-beatmaker Yudimah, aux couleurs jazzies et au flow anglophone, la trap-pop de Babysolo33, la chanson française teintée d’electro de Chien noir ou la pop de Camel Power Club, elle aussi teintée d’electro et de house.

L’arrivée de jurés plus jeunes a sûrement compté dans cette évolution, « mais ça tient aussi au fait que les rappeurs sont plus nombreux à postuler en 2020 qu’il y a trois ou cinq ans, analyse Eric Roux, directeur de la Rock school Barbey. Et aussi au fait que le paysage du rap s’est beaucoup élargi ces dernières années. On en produit dans tous les milieux socio-culturels, plus exclusivement dans les banlieues. » Quant aux amateurs de guitares électriques, ils trouveront quand même de quoi se faire plaisir avec la pop-grunge de Siz ou la noise/post-hardcore de W!zard.

Têtes connues et parcours alternatifs

Eric Roux
Eric Roux

Crédit photo : Fabien Cottereau

Nouveaux styles, nouveaux noms. Babysolo33 est la « surprise du chef » de ces Inouïs, selon Eric Roux, qui n’avait jamais entendu parler de cette jeune Bordelaise avant qu’elle postule. D’elle, non, mais de Myth Syzer un peu plus. C’est en effet ce beatmaker/producteur hip-hop, qui a travaillé avec Roméo Elvis, Hamza ou Alkpote, qui a découvert Babysolo33. Une référence pour un parcours différent de ceux des circuits rock. C’est aussi ce qu’on se dit en voyant le CV de Camel Power Club : pas de scène mais du Web et une notoriété qui s’est construite grâce à Spotify, Deezer, Tsugi ou (quand même) France Inter.

Pour d’autres, les trajectoires sont plus classiques. W!zard et Yudimah ont été retenus dans la pépinière du Krakatoa 2020, ce dernier étant même accompagné par le label bordelais Banzaï Lab. Chien Noir a mulitiplié les scènes de la région ces dernières année, dont le Rocher de Palmer ou le festival Vie Sauvage. Et Siz est un avatar du collectif Flippin’ Freak, dont est issu Th da Freak. « Mais tous ces groupes ont encore des paliers à passer, souligne Eric Roux. Notre rôle est justement de les aider à les passer. »

Et tout ça en accès libre

Groupes encore en découverte (donc pas payés) = entrée gratuite. Pour le public les Inouïs représentent une bonne occasion de sortie aux moindres frais. Et Barbey affiche complet chaque année à cette occasion. Du coup il est indispensable de réserver sa place ici pour pouvoir rentrer. Question de jauge. Quant à l’ordre de passage des groupes, il est gardé secret, précisément pour faire en sorte que les spectateurs viennent pour la soirée complète.



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